LETTRE À BRIGITTE MARSIGNY : VIOLENCES POLICIÈRES ET POLITIQUE SÉCURITAIRE INADAPTÉE
- Engagés Pour Noisy

- 21 sept. 2021
- 4 min de lecture
Madame Brigitte Marsigny
Maire de Noisy le grand
Hôtel de Ville
Place de la libération
93160 NOISY LE GRAND
Noisy le grand, Le 21/09/2021
Madame Le Maire,
Nous avons bien reçu votre courrier que votre équipe s'est chargée de relayer massivement sur les réseaux sociaux.
Contrairement à vos affirmations, nous ne faisons pas de politique politicienne. Nous sommes simplement dans notre rôle en qualité de groupe d'opposition. Il semblerait que vos six années au pouvoir vous ont fait oublier les bases même de la démocratie et le rôle d'une équipe d'opposition dont les membres ont été élus au même titre que ceux de votre majorité. Il est légitime que dans un état de droit chacun puisse vous interroger sur des événements graves qui touchent la commune.
Je vous remercie de le rappeler, notre groupe s'est inscrit dans une volonté d'être constructif.
Toutefois, cela suppose de votre part de prendre des décisions pertinentes. Il n'a jamais été question de soutenir une politique que nous ne cautionnons pas et qui crée un tel climat de tension dans une ville comme la nôtre.
Vous prenez des décisions à huis clos dans un bureau situé au 4e étage de votre tour d'ivoire, entourée de conseillers qui ne connaissent pas notre ville et ses quartiers.
Sur le fond du débat, je déplore vos raisonnements simplistes. Les raccourcis que vous faites entre la situation actuelle et le trafic de stupéfiants sont dangereux et méconnaissent la réalité et le quotidien des habitants de ces quartiers.
Votre courrier crée un amalgame entre la grande majorité de la population de ces quartiers et une petite minorité d'individus responsable des troubles que vous décrivez.
Nous vous avons alerté à plusieurs reprises, à l'occasion des derniers conseils municipaux, sur les dérives de votre police municipale suréquipée mais sous-formée.
Votre réponse laisse transparaître une méconnaissance totale de votre ville, de sa diversité et de la richesse de ses quartiers. Des médecins, des ingénieurs, des électriciens, des plombiers, des professeurs, des avocats, des femmes au foyer, des retraités... forment une population diverse et variée qui souhaite être traitée de la même façon que tous les Noiséens.
Aux événements actuels vous décidez de répondre par une répression accrue. Vous sollicitez auprès du préfet des renforts supplémentaires de police nationale. N'est-ce pas là un aveu d'échec de votre police municipale ?
S'agissant d'actions, nous aurions de notre côté privilégié une solution préventive plutôt que répressive avec l'embauche de nouveaux médiateurs formés afin de renouer le dialogue avec les jeunes de nos quartiers. Nous aurions invité à une même table des représentants des forces de l'ordre et des représentants des quartiers afin d'échanger efficacement et de manière très concrète pour trouver des solutions pérennes à mettre en œuvre afin d'éviter que cette situation ne se réitère. Nous nous serions appuyés sur l'expérience de terrain des médiateurs.
Vous nous accusez de vouloir exister dans la presse mais nous sommes au regret de vous informer que les médias ne nous ont pas attendu pour relayer les événements que nous vivons diffusant une image extrêmement négative de notre ville et qui auront certainement un impact à long terme sur l'image de Noisy-le-Grand et de ses habitants.
Madame le maire, vous défendez chaque année un budget qui donne la priorité à la sécurité privant ainsi des domaines essentiels comme la jeunesse, l'emploi et la médiation de moyens financiers et humains afin de mener une politique cohérente et efficace sur le long terme.
Vous laissez entendre qu'il y a une étroite collaboration entre les services de la police municipale et les médiateurs. Vous démontrez de nouveau votre méconnaissance totale du terrain. Les médiateurs ne sont même pas informés des interventions de la police municipale. Nous avons actuellement 9 médiateurs contre 70 policiers municipaux pour une ville qui atteindra dans quelques années près de 80000 habitants. L'écart parle de lui-même.
J'ai personnellement assisté à une interpellation musclée allée Fernand Leger. Insultes et gaz lacrymogènes ont été utilisés sans discernement alors que des femmes et des enfants circulaient à cet endroit.
Lors du Conseil municipal du mois de juillet 2021, je vous ai alertée sur ces faits graves vous demandant de prendre pleinement conscience de cette situation et d'éviter les troubles que nous connaissons actuellement.
Depuis votre arrivée aux affaires, 40 policiers municipaux ont quitté leurs fonctions. Nous pouvons légitimement nous interroger sur les raisons d'une telle débâcle.
Nous vous confirmons notre condamnation ferme des agissements d'une poignée d'individus qui s'opposent aux forces de police de manière violente, qu'il s'agisse de la municipale ou de la nationale. Mais nous nous réjouissons qu'une enquête soit ouverte concernant les faits de violence d'un policier à l'égard d'un individu au sol.
Loin de nous l'idée de vous considérer comme une agitatrice ; il nous semble normal que vous réagissiez aux événements graves qui se déroulent dans la commune dont vous êtes le premier magistrat. Nous regrettons simplement que vous ayez attendu de recevoir notre courrier avant de vous exprimer et de répondre aux nombreuses questions de nos concitoyens.
Dans vos promesses électorales, vous vous étiez engagés à mettre en place une politique de concertation plus participative. Nous aurions aimé que dans ce cas exceptionnel, vous convoquiez les présidents des différents groupes politiques afin d'échanger sur les mesures à mettre en œuvre pour mettre fin à cette situation.
Être une opposition constructive ne signifie pas être en accord avec tous vos choix. I S agit pour nous de vous alerter quand vous prenez de mauvaises décisions. Nous sommes persuadés qu'ensemble nous prendrions de meilleures décisions pour défendre les intérêts des Noiséennes et des Noiséens.
Je vous propose donc d'organiser conjointement une réunion publique au sein des quartiers afin que nous puissions débattre avec la population et que vous soyez confrontée à la réalité du terrain, à ce quotidien des Noiséens que vous semblez négliger.
Je terminerais mon propos en répondant à votre remarque relative aux cinq réfugiés afghans arrivés sur notre commune sans que vous n'ayez été informée. Nous vous rappelons le principe de la présomption d'innocence qui est la base même de notre justice. Nous avons donc fait le choix de nous abstenir de polémiquer sur une décision prise par les organes étatiques et préfectoraux.
Je me tiens à la disposition de votre directeur de cabinet pour organiser la réunion publique.
Bien à vous
Joseph Zrihen
Président du groupe Engagés Pour Noisy




Commentaires